Voyage dans l’œuvre de Matisse

Le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis invite régulièrement des artistes contemporains pour faire vivre ses collections et instaurer des regards croisés qui entrent en résonnance avec les œuvres de Matisse, Herbin, MirÓ, Chagall, Giacometti…

Cette année, le musée propose une carte blanche, sur l’idée et l’importance du voyage dans l’œuvre de Matisse, à Alain Godon. Le voyage peut prendre différentes formes. Il est bien entendu physique comme celui entrepris par Matisse en 1930, de New York à Tahiti, mais s’entend également comme un cheminement dans les pratiques et une déambulation dans ses rêveries, dans de « nouveaux espaces cosmiques ». Le voyage à Tahiti qui sert de support à cette exposition joua un rôle essentiel pour Matisse, engendrant notamment la création des papiers découpés quelques années plus tard.

 

Qui est Alain Godon ?       

Alain Godon découvre le dessin auprès de son oncle architecte dans le Nord-Pas-de-Calais, avant de saisir sa chance sur les trottoirs parisiens en devenant grapheur, adepte du Street Art. Poursuivant son voyage pictural en Angleterre avant de revenir en France à la fin des années 80, il développe un goût certain pour l’architecture urbaine.

Tel un grand rêveur qui a conservé ses yeux d’enfant, Alain Godon nous livre des œuvres simples en apparence mais dont la construction est bien plus complexe, dévoilant pour qui veut bien s’y plonger un univers particulier abritant des petites histoires du quotidien, révélant un imaginaire singulier qui partage avec Matisse la volonté d’apporter la joie et le bonheur. A partir de la découverte d’un périple initiatique, effectué 87 ans auparavant par le maître des lieux, Henri Matisse, Godon nous entraîne lui aussi dans son « architecture du rêve ».

On retrouve donc au Musée Matisse plus de 150 œuvres : 8 peintures, 49 dessins,10 sculptures, 96 bildoreliefs, 5 installations inédites.

Henri Matisse a été attentif aux productions des artistes qui l’entouraient. Déjà de son vivant, il inspirait nombre d’entre eux, des jeunes notamment. Aussi, est-il logique que le musée qu’il a lui-même fondé dans sa ville natale en 1952, consacre régulièrement des expositions temporaires aux artistes contemporains marqués par son travail.

Aujourd’hui, l’opportunité est donnée à Alain Godon de s’interroger sur un élément particulièrement important dans le parcours de Matisse : le thème du voyage.

Pour Matisse, le voyage est essentiel à la formation des jeunes artistes. « [...] D’autre part, au lieu de toute l’exigence du prix de Rome et le soutien que l’État leur dispense dans les Salons, ne pourrait-on pas donner des Bourses de voyage aux artistes qui allient des dons évidents à un caractère solide, pour aller librement étudier à l’étranger, dans nos colonies et même en France, partout où ils sentiront la possibilité de se développer et de s’enrichir » dit-il. C’est là une façon « amplifiée » de suivre l’enseignement de son maître Gustave Moreau qui inculquait qu’il ne fallait pas se contenter d’aller au musée, qu’il fallait aller dans la rue.

Le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis invite régulièrement des artistes contemporains pour faire vivre ses collections et instaurer des regards croisés qui entrent en résonnance avec les œuvres de Matisse, Herbin, MirÓ, Chagall, Giacometti…

Cette année, le musée propose une carte blanche, sur l’idée et l’importance du voyage dans l’œuvre de Matisse, à Alain Godon. Le voyage peut prendre différentes formes. Il est bien entendu physique comme celui entrepris par Matisse en 1930, de New York à Tahiti, mais s’entend également comme un cheminement dans les pratiques et une déambulation dans ses rêveries, dans de « nouveaux espaces cosmiques ». Le voyage à Tahiti qui sert de support à cette exposition joua un rôle essentiel pour Matisse, engendrant notamment la création des papiers découpés quelques années plus tard.

 

Matisse réaffirme l’importance de l’observation constante in-situ qui permet de saisir les secrets de vie embryonnaire des frémissements, ce qui permet d’acquérir peu à peu ce fluide que des vrais artistes arrivent à posséder.

Mais, en plus de ces expériences, de ces formations acquises, les voyages apportent selon Matisse d’autres avantages : ils permettent une rupture nécessaire pour prendre du recul sur son travail et s’ouvrir à d’autres univers, d’autres espaces, d’autres états de conscience. Il explique à Tériade :
« Quand on a travaillé longtemps dans le même milieu, il est utile d’arrêter à un moment donné la marche habituelle du cerveau par un voyage qui en repose certaines parties et en laisse affluer d’autres, celles-ci comprimées par la volonté. Et puis cet arrêt permet un recul, par conséquent un examen du temps passé. On reprend son chemin avec plus de certitude quand la préoccupation de la partie antérieure du voyage n’ayant pas été détruite par la quantité d’impressions reçues du monde nouveau dans lequel on s’est plongé, reprend possession du cerveau ».

Musée Matisse - Le Câteau-Cambrésis - MATISSE-GODON NEW-TORK - TAHITI. L'ARCHITECTURE D'UN RÊVE

DU 14 octobre 2017 au 4 mars 2018

Palais Fénélon, Place du Commandant-Richez, 59360 Le Cateau-Cambrésis
Téléphone : 03 59 73 38 06