Société

Clemantine Wamariya : après le cauchemar au Rwanda, le rêve américain...

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Clemantine Wamariya a six ans quand le conflit rwandais éclate en 1994. Les premiers signes des tensions du pays c'est quand ses parents commencent à parler à voix basse, et que les dîners, le soir, se font sans lumière. Les voisins disparaissent. Un jour, sa mère indique à Clémantine et à sa sœur aînée Claire, 15 ans, qu’elles vont résider quelque temps dans la ferme de leur grand-mère à quelques heures au sud, près de la frontière burundaise. Quelques jours plus tard, avec sa sœur Claire, elles doivent fuir les massacres et traversent toutes les deux sept pays d'Afrique pour échapper à la violence. Elles parcourent le Burundi, le Congo RDC, la Tanzanie...jusqu'en Afrique du Sud, d'un camp de réfugiés à un autre, se cachant souvent en journée pour se déplacer la nuit.

Sans nouvelles de leur famille, elles affrontent la faim, la soif, la misère et la cruauté pendant six ans avant d'arriver aux États-Unis.

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Sara Martin : « Le paysage du cinéma français,ne ressemble pas du tout à la vie sociale… »

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La belle et talentueuse actrice Sara Martins à l’affiche ce mois-ci dans le film de Michel Blanc « Voyez comme on danse », nous révèle la situation en tant qu’actrice noire en France aujourd’hui

Quel est votre parcours ?

Au départ, ma première passion était la danse classique, j'étais d'ailleurs à l'Opéra de Lyon puis, je me suis tournée vers les études de droit. Au lycée, je me suis mise à suivre l'option théâtre pendant trois ans sans vouloir en faire un métier.

J’ai eu ensuite la chance d'être engagée dans une grande pièce de théâtre de Roger Planchon qui n’est plus de ce monde ou tous les soirs sur scène j'ai vécu rapidement le métier d'actrice au sein d'une troupe. Tous m'ont d’ailleurs encouragé à laisser tomber mes études de droit, chose que j’ai faite en tentant le concours du conservatoire national supérieur d'art dramatique à Paris tout en continuant parallèlement mes études de droit par correspondance. J’ai été formée, j’ai eu un agent et j'ai abandonné définitivement mes études. Même si mes premières intentions étaient les planches de théâtre, c'est vrai que finalement c'est le petit écran qui m'a engagé et j'en suis très heureuse.

Dans le livre Noire n'est pas mon métier, avec les 15 autres actrices noires vous dénoncez le racisme et le sexisme qui règnent dans l'industrie du cinéma français. Avez ressenti un changement à la suite de cette parution ?

Le livre Noire n'est pas mon métier a été initié par Aïssa Maïga qui a convoqué des amies actrices qui souhaitaient témoigner, écrire un texte sur une anecdote de leur parcours en tant femme noire dans ce métier d'actrice. Le bouquin s’est fait très rapidement, on a écrit chacune en 3, 4 jours nos textes.

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Cécile Kyenge, l’unique ministre noire italien

Cécile Kyenge est née en 1964 à Kambove au Katanga au Zaïre, actuelle RDC, elle est la première et la seule ministre noire dans un gouvernement italien. Elle a été en charge de l'intégration dans le gouvernement d'Enrico Letta de 2013 à 2014.

Installée en 1983 en Italie où elle arrive pour faire ses études, elle passe un lauréat de médecine et chirurgie à l'université catholique du Sacré-Cœur. Elle se spécialise ensuite en ophtalmologie, à l'université de Modène et de Reggio d'Émilie, puis devient ophtalmologiste. N’ayant pas la nationalité italienne, elle n’a donc pas la possibilité d’opérer ses patients et d’exercer comme elle l’entend alors qu’elle est mariée à un Italien avec lequel elle a fondé une famille. Mais dans ce pays, la nationalité s'obtient par le droit du sang : « On naît africain et on le reste. Peu importe le pays où l’on vit, on est africain pour la vie » déclare-t-elle. 

Désireuse de faire bouger les choses, elle se fait d’abord remarquer en s’impliquant dans des associations de défense des droits des immigrés. Ce n’est qu’en 2004, à l’âge de 40 ans, qu’elle se lance en politique. Elle est élue conseillère municipale de Modène (nord de l’Italie) sous les couleurs des Démocrates de gauche (DS) – aujourd’hui Parti démocrate (PD) -, puis, en 2009, au conseil provincial. Parallèlement, elle fonde un Comité, qui, selon elle « a permis aux immigrés de se faire entendre de manière citoyenne ».

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Connaissez-vous la femme des arbres ?

Chaque mois Black Beautés vous présente les différentes femmes noires qui ont marqué l'histoire et c'est Wangari Muta Maathai une femme hors du commun qui inaugure cette rubrique !

On l'appelle femme des arbres, il s'agit de Wangari Muta Maathai, première femme africaine de l'histoire à recevoir le prix Nobel de la paix pour son militantisme écologique et politique.

Née le 1er avril en 1940 au Kenya, Wangari Muta Maathai n'a pas connu une enfance facile.

En effet, dans son environnement les petites filles étaient rarement scolarisées mais grâce à la détermination de ses parents, elle accède à des études. Sa vivacité intellectuelle est vite       remarquée par des sœurs catholiques qui lui    permettent d’aller étudier aux États-Unis. Quelques années plus tard, elle deviendra la première femme d’Afrique de l’est à obtenir une licence de biologie au Mount Saint Scholastica College à Atchison, dans le Kansas.

De retour au pays, avec en poche une spécialisation en biologie, Wangari Maathai enseigne la zoologie à l’Université de Nairobi. Wangari Muta Maathai est une acharnée et   quand elle a une idée dans la tête elle va jusqu'au bout.
Son amour pour l'écologie la     conduit à créer un mouvement nommé « La   ceinture verte » (Green Belt Movement) en 1977. Ce dernier deviendra populaire lorsqu’elle       décidera de planter sept arbres le jour de la terre et invitera les kenyanes de tout le pays à en faire de même. Cette action aura permis de planter plus de trente millions d’arbres en seize ans...

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Beyoncé : décryptage
d’un succès sans accroc

Beyoncé est une chanteuse que l’on ne présente plus !

Meneuse du célèbre groupe féminin Destiny's Child, elle a vendu 100 millions de disques dans le monde, auxquels peuvent s'ajouter les 65,5 millions de disques vendus avec le groupe. Depuis qu’elle a commencé sa carrière, elle ne connaît pratiquement aucun échec et cela depuis 21 ans maintenant.

Mais alors comment expliquer ce succès en continu ? Pour cela Beyonce déclare :     
« Je pense qu’une Star naît star. Je me connais. Je suis née pour faire ce que je fais. C’est naturel. Il y a certaines choses que je sais, personne ne me les a apprises. Personne ne peut te les apprendre. C’est ce que tu es. Et je pense que nous sommes tous des Stars ! Nous avons tous ça en nous. Il faut juste que nous trouvions cette chose que nous devons accomplir dans la vie. Et je savais exactement ce que je devais accomplir dès mon plus jeune âge. Et c’est pour ça que j’ai été capable de faire ce que je fais, et aussi bien que je le fais ; parce que je le fais depuis longtemps ». Mais franchement pensez-vous vraiment que son argument suffira pour nous convaincre ? Le monde de la musique a vu passer de nombreuses stars mais combien d’entre elles ont eu une carrière semblable à celle de Beyoncé, c’est-à-dire sans faille (ou presque) ?

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Black Panther, Marvel célèbre enfin l'Afrique

Annoncé comme le film qui va secouer Marvel au cinéma, "Black Panther" est l'un des films les plus attendus de l'année. Avec son super-héros africain, son histoire et ses effets spéciaux, Marvel célèbre enfin l'Afrique !

Signé Ryan Coogler à qui l'on doit l'excellent Creed, Black Panther est consacré au premier super-héros noir originaire du Wakanda de la saga Marvel. Wakanda est un pays africain fictif qui apparaît pour la première fois dans le numéro 52 de Fantastic Four en juillet 1966 et il faudra attendre quand même 50 ans pour le voir une première fois au cinéma sous les traits de Chadwick Boseman dans Captain America : Civil War.  Aujourd'hui Black Panther ouvre une nouvelle ère des super-héros.

 

L'Afrique valorisée

Coupé du monde et autonome, Wakanda est en réalité un pays très riche et ultra-technologique. Dans la bande annonce, on découvre une capitale avec des trains à grande vitesse, des néons futuristes et une sorte de bouclier autour du pays qui le rend invisible. Un territoire qui change des villes de New York (Avengers 1), la Sokovie (Avengers: L’Ère d'Ultron) ou encore les tranchées de la Seconde Guerre mondiale (Captain America : First Avenger).

L'histoire explique bien évidemment les origines de Black Panther, qui reposent sur la tradition africaine. Elle n’est pas essentiellement concentrée sur la lutte de super-héros contre les méchants menaçant le monde et c'est une première chez Marvel ! En effet après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, le personnage principal T’Challa incarné par Chadwick Boseman revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda suite au décès de son père.  Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther.
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Lingerie nude destinée aux femmes africaines

Gugu Intimates est la première marque de lingerie nude destinée aux femmes africaines. Les noms de ces sous-vêtments correspondent à votre type de carnation et ont été créés par la sud-africaine Gugu Nkabinde. «  Que faire quand il fait chaud et que je porte un gilet au-dessus de ma chemise blanche parce que je dois me présenter dans une pièce pleine de monde et que je suis parfaitement consciente que l’on voit mes sous-vêtements ? », s’interroge-t-elle. C’est donc à partir de ce moment qu’est née l’idée de créer une gamme de sous-vêtements couleur chair qui épouse la couleur de peau.
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Rungano Nyoni dénonce l'oppression des femmes à l’écran avec « I AM NOT A WITCH »

 

Elle était prête à hypothéquer la maison de sa mère pour réaliser son premier long-métrage « I AM NOT A WITCH » sorti en salle le 27 décembre dernier. Nous avons rencontré pour vous la cinéaste Zambienne Rungano Nyoni qui nous parle de ce film, une comédie sur un camp de sorcières en Zambie qui a charmé le public et les critiques au Festival de Cannes en mai dernier. Présenté dans la Quinzaine des réalisateurs, « I AM NOT A WITCH » ("Je ne suis pas une sorcière ") raconte l’histoire d’une fille de 9 ans, Shula, envoyée dans un camp de sorcières parce qu’on l’accuse d’en être une. Entretien avec sa réalisatrice.

 

Black Beautés : Comment vous ai venu l’idée de faire ce film ?
 

Rungano Nyoni : Ce n’est pas une seule idée particulière, c’est venu de choses variées et c’est vraiment l’histoire de ma grand-mère qui m’a beaucoup inspiré. C’était une femme très forte, qui a vécu à l’époque ou l’empire britannique dominait le pays (Zambie) et cette domination avait des règles très strictes. Ma grand-mère elle, était très indépendante même financièrement, elle avait sa terre, ses chevaux, des tracteurs et une compagnie pour déplacer des denrées et des chevaux entre la Zambie et le Kenya. Elle était aussi mécano et réparait ses propres camions. Elle portait des pantalons alors que c’était illégal pour les femmes et à une époque où les relations interraciales étaient interdites, elle a rencontré mon grand-père qui est espagnole et ils se sont mis ensemble. Comme cette relation interraciale était interdite, ils ont été interdits de séjour en Zambie. Plus tard, elle avait un compagnon hollandais et ça lui été totalement égal ! Je me suis alors demandée, comment ça se faisait que pour elle qui avait tellement de règles très fortes qui lui étaient imposées ça ne lui posait aucun problème de les briser alors que pour des personnes comme moi on a du mal à briser des règles qui sont non-dites. Cette idée a commencé à m’obséder et en observant comment la société nous impose des règles dites et non-dites et à quel point c’est compliqué pour nous de les briser, cela m’a conduit à l’idée de cette sorcière.  Ce sont des personnes à qui ont interdit beaucoup de choses, elles n’ont pas le droit d’habiter avec leur propre famille… et ces règles elles doivent parfois savoir les briser, voilà pourquoi j’ai utilisé le personnage de la sorcière parce que ça me permettait de traiter le sujet...

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Ori Huchi Kozia,l’artiste par effraction

Ori Huchi Kozia est Lauréat de la deuxième édition du Prix Orisha pour l’art contemporain africain. Dans la soirée du mardi 3 octobre 2017, s’est tenue à Appartement à Paris, la remise du Prix Orisha pour l’art contemporain africain. Créé en 2014, ce Prix est attribué à un artiste d’origine subsaharienne afin de favoriser sa reconnaissance par les professionnels du monde de l’art en donnant plus de visibilité à son œuvre. 

Fort du succès de la première édition, le Prix Orisha poursuit son évolution. Il s’ouvre sur le monde avec un jury international. Il étend son comité de sélection à des membres issus de divers champs de la culture (design, mode, architecture...) pour enrichir et diversifier les regards.

Lors de cette deuxième édition, le jury composé de Guillaume Piens, Larry Ossei-Mensah, Claire Jacquet, Azza Satti, Sithabile Mlotshwa a choisi de distinguer le vidéaste congolais Ori Huchi Kozia pour l’ensemble de son oeuvre.

 

Ori Huchi Kozia est né en 1987 à Brazzaville au Congo, où il vit et travaille.

« Je suis artiste par effraction, je crée par tension. Je ne suis arrivé dans l’art par aucun moyen conventionnel ou légal... »

C’est ainsi que se définit Ori Huchi Kozia, vidéaste autodidacte.

Il se fait connaître après sa première vidéo Le Dieu Danseur inspiré de Nietsche « Je ne peux croire en un Dieu qui ne sait danser » présentée au Festival de vidéo et de danse de Bourgogne en France en 2011. Il se tourne ensuite vers la vidéo d’art avec Bad Apple qui lui ouvre les portes de La Fémis (bourse Egide). Il réalise ensuite Trauma et Ephémère au Congo. Son film Le Cœur de la Bête (Katamalanasie) est présenté au Festival du film Panafricain de Cannes. Pour permettre une meilleure diffusion des films africains et internationaux, il crée en 2016 le Titari Film Festival de Brazzaville...

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Qui sont ces africaines incontournables ?

Qui sont les Africaines, aujourd’hui actrices incontournables des mutations de l’Afrique ?

Black Beautés a été invité à la conférence « Femmes Africaines » le 18 mai dernier au Musée Dapper où Ipsos a mené une grande enquête exclusive*en Afrique Subsaharienne (francophone et anglophone), pour comprendre ces femmes dans leur pluralité. Ipsos a dévoilé les principaux résultats de l’étude. La conférence présentée par Florence de Bigault, directrice Ipsos Afrique francophone, réunissait des experts et des décideurs d’entreprise témoignant d’initiatives réussies auprès des femmes africaines.


Dynamiques et optimistes.
Les femmes de l’Afrique   subsaharienne contribuent au    développement économique et aux grands changements sociétaux de leurs pays respectifs. Dans certains secteurs comme l’agriculture ou le commerce de proximité, la majeure partie de l’économie se trouve entre leurs mains. D’après l’étude exclusive Ipsos, 42 % des Africaines ont un travail régulier et 49 % gagnent leur vie. Elles sont également 35 % à être célibataires, une réalité qui concerne surtout les classes moyennes urbaines où les jeunes femmes tiennent à étudier et à travailler, avant de vivre en couple.

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Où sont les actrices noires françaises à l’écran ?

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S’il y a les Oscars, les Golden Globe ou encore les Emmy Awards qui récompensent les actrices noires américaines. Qu'en est-il de nos actrices noires en France ? En 1987 Isaac de Bankolé devient le premier acteur noir français a été récompensé pour le César du
« meilleur espoir » dans le film Black Mic-Mac, puis Omar Sy remportera le César du meilleur acteur en 2012 pour Intouchables. En 41 ans d'existante des Césars, seulement deux prix pour les acteurs noirs français. Mais qu’en est-il des actrices noires françaises ?

 

En effet, les femmes noires en France sont quasiment absentes à l’écran et il n’y a pas de films dans l’industrie cinématographique française dont une héroïne est noire... Elles sont à l’intersection de deux discriminations : le fait d’être femme, et le fait d’être noire.
Aissa Maïga et Firmine Richard sont les seules comédiennes noires reconnues en France et qui tiennent des premiers rôles à l'écran, mais elles ne reçoivent pas de prix, pourtant on ne peut pas dire qu'elles ne sont pas douées !

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